Monday, December 31, 2012

SI C’EST L’INVERSE…




Les pieds en marbre
Je me traîne sur le plancher
au long du corridor

2 heures du noir
Le coucou en panne
en grève
ou quoi

à chaque pas
des plaques de verre
le rendez-vous pour
entendre le souffle de
qui nous regarde à l’autre coté du miroir

le rouge afflue aux pieds

Friday, December 21, 2012

÷


Il était une fois
Peut-être hier
avant l’extase sensuelle

désormais
bleu humide salé
le goût du sang est connu
dix empreintes se touchent
pieds enterrés au sol

dans l’ombre de cet arbre
peut-être las
qui va me lire des poèmes?

Thursday, December 13, 2012

QUE LE TRAMWAY VIENNE



Te souviens-tu, à Vienne, juste à la sortie du métro, devant l’arrêt
c’était presque minuit et le tramway était en retard.
Il faisait étrangement froid pour une nuit d’été.

Je portais une super mini-jupe rouge et des chaussures rouges qui tapaient la ville
dans chaque pas tic toque tic toque tic toque tic tic tic toque toque

Les mains dans les poches, je t’ai dit que je voulais fumer une cigarette en attendant
Et tu m’as répondu que j’avais arrêté de fumer  depuis des ans.

Le visage tombé, tu m’as retourné le dos.

J’ai touché le mégot dans ma poche.
Je rêvais de l’avoir fumé récemment quand tu m’as prise dans tes bras.
Tu croyais que je trépignais de froid…pourtant moi…
si tu le savais…

te souviens-tu ou je l’invente? 

Tuesday, December 11, 2012

VERS VOLETER



Que parte
l’-ologie-

dans le sillage de voiliers obsolètes.

Que l’animal féroce
remplace le drapeau pacifique
de l’oiseau automate en cours du chemin éternel,

ancre au centre  
et saigne
le marbre caché.

Que les corps soient poussières
de perce-neiges brillantes de joie.  

Wednesday, November 28, 2012

AU MASQUE BLANC



Lâche-moi les paumes sucées.  
Je suis traînée sur la surface des choses et laissée
au pied de la lune.
Rends-moi la distance, l’os et la moelle
et le plaisir d’orbite noire du cercle jaune.
Ni en arrière ni vers l’avant que je regarde.
Je suis un râteau
Je creuse la mare. 

Sunday, November 25, 2012

MADAME MANNEQUIN A





Dans les calculs
le regard aristocrate
libérateur de banalités
ne reste plus avec vous.
De vous,
préciosité saturée,
la beauté échappe.
Chère madame, restez dans le tableau peint
immobile et belle, s’il vous plait;
c’est la seule exigence de votre mort. 

Thursday, November 8, 2012

OÙ EST L’ŒIL OÙ EST L’OREILLE DE LA PETITE BLANCHE?



La fente carmine engloutit la petite blanche.
Pas soulagée, elle a pleuré pour en avoir plus.
Elle s’est mise en flamme de ses larmes,
et  elle voulait tant mourir!
Dépourvue d’œil et d’oreille,
La petite blanche,
elle ne savait que tomber.
Elle tombe
tombe
sur les tombes et aux margelles des puits.  

Monday, October 15, 2012

FACE PUZZLE




Most of the time
Nobody knows the problem
identifies where it comes from or
has the ability to name it,
even after death.
I asked my grandmother
who appeared more blessed than ever
in my dream:
“What is the problem?”
Horror in her eyes,
porcelain smile of her lips scattered into pieces.
I mean, she lost her face!
I looked around for help.
I wondered if I could turn back the time.
I gathered the pieces of her face.
I made the puzzle.
I put it here. 

Sunday, October 7, 2012

LE VIN ET LE FROMAGE








Je te le jure :
Si je me permets de parler à tort et à travers,
Personne n’a l’autorité de me faire taire,
ni toi
ni le bibliothécaire.
Je parle jusqu'à ce que mon haleine sente le fromage et 
il ne te reste plus de vin dans la cave de nez. 

Monday, September 10, 2012

JALOUSE




La nuit
La tête sur le coussin doux et moelleux
bourré de lavande.
Le corps sous une douillette couverture,
Tiède. 
Mon âme se régale du privilège d’être humaine
loin des forêts sauvages où les cœurs se battent dans les oreilles. 
Arrogant.
Le matin
Mes yeux guettent à travers les rideaux de la fenêtre
les oiseaux planer ensemble en harmonie
se chicaner en accord.
Alors, je cours dehors,
aux sables,  aveuglée par l’impulsion de les joindre.
Les talons desséchés, la langue pendante.  
 Et après? Ces bêtes, ils ne m’aperçoivent même pas, en bas.
Humiliée, je retourne dans mon lit humide.
Alors, j’attends la nuit.
Jalouse. 

Saturday, June 23, 2012

SERPENTS IN WIG HATE ME


I am not one of these women.
Who keep long answers to themselves,
Who look with dead fish eyes while they are hiding “it”,
And who laugh and smile at whatever you say, at the same time.
Who are good at making you feel uncomfortable while they look relaxed.
Who seem to be from another planet in which
 God is “to hide” and the religion is “the control”. (Or, vice versa)
Again, one of these women is in front of me.
Open her chest. (Now very easy to me)
And you see it:
A silent serpent in wig,
in a green shrunken princess costume (even not velvet)
residing in an over-decorated small room
without any single mirror (again) but
full of irrelevantly gathered objects.
A scepter in its tail,
from which the blood of her father drips
drop by drop.
It longs for mating, only for laying eggs. 
It looks at me fixed.
It licks that blood.
Grey dead fish eyes sparkle.
Is it aware that its kingdom is illegitimate? Absolutely not.
You want to laugh to its ridiculous existence.
See, it is so ugly for taking herself as a princess.
It hisses at me.
I look again at the face of this chest. What does she do?
She sits comfortably in front of me.
“It’s not the first time that I have met this hysterical serpent in wig. I know it. I have seen her in different costumes, in different rooms and chests.”
But it is the first time that I realize:
The serpent in wig could not live in my chest. Never.
Probably, because, it sees something hateful in it.

Friday, June 1, 2012

...IS NOT...BUT...



Respect is not good manner but supporting one’s existence as well as yourself.
Love is not cajoling but sharing with someone what’s most important to you.
Effort is what you get at the end of your challenge.
Support is what you should give before asking favor.
You are not what you say but your actions.


Tuesday, March 6, 2012

UNE HISTOIRE D’ADOPTION


Le soleil du mars,

la mère aguichante,

m’a adoptée.

Son eunuque

m’a emmenée

à sa chambre à coucher où

une lumière rouge clignotait

et une odeur humide échauffait la gorge.

J’étais seule

quand le linge blanc de son lit

se fermait sur les seins.

Thursday, March 1, 2012

MES ANGES


« Je ne suis pas un ange », je dis à mes anges. Et je raconte :

J’ai mangé beaucoup de Chair, Œufs, Poissons.

J’ai bu beaucoup du lait de maman vache. Et que je ne suis pas un veau.

J’ai fait pleurer ma mère, mon père, mes amoureux, mon mari.

J’ai étranglé l’espoir dès que je l’ai empoigné.

J’ai pris la liberté de mes chats.

J’ai donné la peine aux terres vierges où j’ai mis mes pieds.

J’ai fixé mes yeux aux nids cachés des oiseaux,

dans les forêts oubliés.

Mon souffle qui monte au ciel n’est jamais bleu.

Mon haleine n’est pas faite de fleur.

À la naissance,

J’ai déchiré ma mère.

Je suis née dans son sang.

Je raconte et je raconte…

Mais mes anges

battent des ailes à la folie

dès que j’ouvre ma bouche.

Le fumet de ses ailes me donne l’appétit.

Saturday, October 15, 2011

WATCH YOUR CHILDHOOD JUMPING DOWN




Losing people who belong to your childhood one by one,

isn’t it like losing your own childhood?

You believe you’re in a calm river going along; however,

you can’t see the deep strong stream fallowing your feet

and pushing you to the waterfall,

When you watch people of your childhood jumping down to the water,

one by one.